Sensible à la RSE dans les entreprises que je gère, dans l’obligation aussi d’y rédiger un Document Unique d’Évaluation des Risques (DUER) et de tout mettre en œuvre pour minimiser les risques d’accident, (ce que je fais avec plaisir), j’ai du mal à ne pas regarder ce qui se passe en France cet été avec cette même grille de lecture.
Les moyens humains : des sapeurs-pompiers à bout de souffle après plusieurs jours d’affilée sur les feux à travers la France, épaulés par des bénévoles et des agriculteurs, venus avec leurs propres tracteurs et citernes, et pour beaucoup, sans arrêté de réquisition, donc sans couverture légale si leur matériel brûle ou s’ils se blessent. Le président de la Chambre d’agriculture de la Gironde le dénonce lui-même publiquement.
Les moyens matériels : la flotte de Canadair français a en moyenne 30 ans, et une coupe budgétaire de 2024 a repoussé le renouvellement de la flotte jusqu’en 2033. Résultat : plus de 100 millions d’euros dépensés en location d’appareils depuis 2020, pour compenser dans l’urgence ce qui n’a pas été anticipé.
Un rapport parlementaire alertait déjà sur ce risque il y a un an.
Le diagnostic existait. Le plan d’action, lui, n’a pas suivi.
La prévention et l’environnement : le débroussaillement autour des routes et des réseaux est obligatoire dans les départements à risque depuis des années, mais ne serait réellement appliqué que dans 20 à 25 % des cas selon un professionnel interrogé cette semaine par franceinfo, la période la plus efficace pour le faire, le printemps, se heurtant en plus à une autre réglementation, celle de la protection de la nature.
Résultat annoncé par le ministre de l’Intérieur lui-même le 25 juillet : près de 116 000 hectares brûlés depuis le début de l’année, « un record historique ».
Une entreprise qui cumulerait un tel écart entre ses obligations et ses moyens serait sanctionnée sans délai. La France, elle, prélève chaque année des sommes considérables (impôts en tous genres) au nom de la solidarité et de la protection collective et ce sont pourtant toujours les mêmes qui tiennent sur le terrain, avec toujours moins de moyens.
Beaucoup d’entreprises ont aujourd’hui une politique RSE plus exigeante et mieux financée que ce que l’État parvient à offrir à ses collaborateurs et à ses concitoyens.
Ainsi, une réflexion me vient : si la France devait passer son propre audit RSE et rédiger un document unique pour ses salariés,
quel serait le plan d’action ?
Qui serait responsable en cas de manquement ?
Et si l’État français faisait son bilan RSE, et son document unique, quel serait le résultat ?

